Portraits en cours : association Stéphane Bouillon

par François

L’association Stéphane Bouillon est présente dans le Pays d’Auray auprès des personnes sans abri, et en grande difficulté de vie. Intervenant régulièrement avec La Fabrique du Sensible située dans la même rue, j’ai poussé la porte de nos voisins pour prendre le petit-déjeuner, proposé quotidiennement par les bénévoles.

Tout le monde y est le bienvenu pour se restaurer, prendre une douche, faire une lessive… et partager un moment convivial.
Certains sont sans-abri, d’autres ont un logement mais galèrent à joindre les deux bouts. D’autres encore sont tirés d’affaire mais continuent de venir pour soutenir les copains, bavarder, participer aux nombreuses activités: ateliers de peinture, yoga, tricot, écriture, voyages.

Lors de mes venues je trouve toujours un petit groupe, il s’agrandit et s’anime considérablement lors des déjeuners hebdomadaires du mardi. On mange (très bien!), on échange conseils et services, on boit le café, on fume, on se marre beaucoup, on pleure aussi…

Beaucoup ont vécu des drames familiaux, leurs proches bien souvent absents de leur vie parfois depuis de longues années. On m’apprend que parfois, lors d’une hospitalisation ou un décès, les familles refont surface et découvrent avec étonnement la vie sociable de leur proche. Les amis, les bénévoles de l’association, les commerçants du quartier leur raconte combien leur mère, leur père, leur fille ou leur fils était estimé par la communauté. Les présomptions qui pouvaient avoir cours dans la famille s’ébranlent.

Pour rendre compte de la dignité de ces femmes et de ces hommes, j’ai choisi d’inscrire leur visage sur des films de grand format, à l’aide d’une chambre photographique aussi ancienne que délicate. Lorsque nous discutons pendant la séance, leur fragilité éclate parfois. Mais c’est toute leur force et leur courage qui apparaît sur le dépoli, lumière inépuisable que je cherche à imprimer sur le plan-film. Lorsque nous discutons pendant la séance, leur fragilité éclate parfois. Mais c’est toute leur force et leur courage qui apparaît sur le dépoli, lumière inépuisable que je cherche à imprimer sur le plan-film.

Un de mes grands-pères a été aspiré par la rue. Il y a vécu loin de sa famille jusqu’à sa mort, bien avant que je puisse le connaître. Si je ne peux aujourd’hui savoir à quoi il ressemblait, je peux au moins imaginer la vie qu’il menait.

Je dédie ces portraits à sa mémoire, ainsi qu’à toutes les personnes rencontrées à l’association, qu’elles soient passées ou non devant mon objectif.

Une partie de ces portraits est actuellement exposée au local de l’association, au 9 rue bourdeloy à Auray. Pour plus d’informations ou pour proposer votre aide, n’hésitez pas à les contacter via Facebook –> www.facebook.com/associationstephanebouillon ou par téléphone au 06 75 50 45 31 (Patrick Le Galliot)

Et pour suivre l’actualité de La Fabrique du Sensible, c’est ici –> www.lafabriquedusensible.com

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